«L'Île derrière la lune»
une histoire éolienne du passé, du présent et des peuples des Illes Eoliennes a Lipari, Salina, Stromboli, Filicudi
écrit par Roland Zoss, 138 pages, traduction Martine Thomas

en anglais



Que se passe-t-il quand un étudiant prend ses livres et quitte la Suisse vers le Sud de l'Italie? Il trouve une île - 9,5 km2 - qui d'autres ont quitté en cherchant du travail en Australie, Argentine et les Etats Unis. Les villages sur cette Île sont en ruines «ghost towns» couverts par une végétation abondante. Des gekkos et des serpents vivlent dans les maisons.

Le jeune étudiant lutte avec les dérniers habitants: contre les tempétes en hiver, contre des feux en été, il participe a leur vies dans les tremblements de terre. Il fait du vin, il fait du pain. Il vit avec peu d argent au bord de la civilisation. Il parcourt une nature sauvage. Un jour il se trouve sur la montagne devant une ruine et il est saisi par l'émotion étrange d'être rentré de chez soi.
Le même jour un contrat est signé. Le vieux poète de l Île vend au jeune poète du nord de l'Europe sa propriété. Cela c'est le fin du rève d'une maison sur une 'île. Et le début de la réalité… l 'histoire de Filicudi.

Ce petit livre poétique a gagné un prix litéraire.
Il parle de l'archipel volcanique qui fait part du patrimoine mondiale de l'UNESCO depuis l'an 2000.  «Die Insel hinterm Mond" - ce bijou poétique - est devenu un "Longseller".
Traduit en
en français e-book par Martine Thomas
En anglais e-book par Archibald Mc Kenzie



«L' ìle derrière la lune»
1êre édition allemande 1992; 2e èdition 2002;

CHF 29.- / Euro 19.– ,

Des chansons sur l'ìle, CD "Schlummerland": iTunes Store

Questa piccola Isola
(mp3 5MB)
La chanson de l'ìle, 1979 by Roland Zoss
Traduction: Martine Thomas

J'entends sonner le glas la vieille
Maria est partie elle qui cultivait des ceps de vigne et de la menthe,
émigrée, dernière des deux mille
qui autrefois avant la première guerre
jusqu' à ce que la famine gagne les villages versaient le feu dans le vin

Le soir monte en ombres bleues
jusqu' à ma place sur la montagne
Le Mongoloïde sur le chemin du retour
se chante sa ritournelle
comme je serais seul sans lui sur cette petite île

Demain la vie reprend son cours
Monsieur le Docteur prescrit une aspirine
Le Prêtre passe ses journées à jouer aux cartes à l'ombre de l'église
Et Angela - vierge de 13 ans - attend un enfant
Du Saint-Esprit d'Australie

Pourtant tous vont prier vaillamment
à la procession de Santo Stefano
Sous le doux fardeau de la croix
les gaillards rêvent de l'Amérique
et tous les péchés seront pardonnés sur cette petite île

La nuit arrive d'Afrique, noire
Un vent chaud brasse de l'or dans mes cheveux arôme d'argile et de café
Des caravanes passent sur la mer
soudain dans le port un bateau à moteur rugit
brutalement je tombe de mes sphères

Au village les becs de gaz sont déjà allumés
Le chemin pour retourner là-bas est long abîmé par les intempéries et le bétail
Ont-ils donc tous quitté le Paradis
même l'ange vert dans l'olivier?
Et moi qui je ne suis qu'un étranger ici sur cette petite île!“




«L’EMIGRATION»

Le soir projette l’ombre de Montagnola comme une étole bleutée sur le village de Pecorini versant sud. Comme s’il voulait recouvrir tes pensées. Comme s’il voulait délivrer le regard de la contemplation des ruines penchées par le vent, des chemins délabrés et des arbres rongés. Le ciel essaie de se refléter dans les flaques sur les toits-terrasses défoncés.
Et tout d’un coup, dans la ruelle solitaire qui mène à l’église - là où, tel un monument, est assis le paralysé - tu es assailli par le silence au centuple des émigrés, la grande solitude. Et tu dois t’asseoir, diriger ton regard en haut vers le sommet. Ces bandes de terre, d’à peine dix mètres de large, qui montent comme des marches d’escalier à la “Fossa di Felci”, vers l’infini, ces terrasses de millions de pierres, qui ont commencé à rendre l’île accessible et habitable: tu reconstruis tout cela en pensée. Pierre après pierre. Muret après muret. Jusqu’à ce que tes mains soient couvertes de sang et que ton dos se raidisse sous le soleil impitoyable.
Quel travail inconcevable, gigantesque! Du niveau de la mer jusqu’à 700 mètres! Impossible d’imaginer que de riches vignobles poussaient plantés sur des montagnes d’éboulis. D’imaginer que poussaient des bosquets d’oliviers sur ce versant, où tu trébuches sur des souches calcinées, en pouvant à peine tenir debout . Qui donc a extorqué ce pays à une région déserte? Qui donc l’a rendu florissant, génération après génération? Et qui donc a finalement abandonné tout cela? Etaient-ce des esclaves romains, des colons grecs, ou des paysans du 19ème siècle, qui achevèrent l’oeuvre de leur vie en posant au sommet la dernière pierre sur le mur? En tout cas, c’étaient des hommes, aussi durs que l’obsidienne. Des inconnus.

Tu penses à eux dans la lumière éblouissante, en t’abreuvant du bon air et en respirant l’odeur du pain le soir. En 1911, selon les statistiques de la population, il y avait 1547 âmes à Filicudi. Ils avaient jusque là plutôt bien vécu grâce à l’exportation des câpres, des olives et de leurs vins doux de couleur foncée. Deux guerres mondiales changèrent radicalement tout cela: par centaines, les insulaires quittèrent leur patrie “Vers l’Argentine pour vivre, vers l’Amérique pour gagner de l’argent, vers l’Australie pour y mourir” disait-on autrefois et on se montrait à la hauteur dans le Nouveau Monde.
Du manoeuvre, qui ne comprend pas une syllabe d’anglais, l’ascension sociale fait un marchand de fruits, puis un manager qui régit toute une chaîne d'hôtels. La Mafia? - No, il Lavoro! Derrière tout cela il y a le travail et encore le travail et la coopération. Filicudi est fier de ses fils célèbres. L’île a produit des journalistes et des hommes d’affaires outremer, et un homme célèbre: John Bonica, créateur de l’anesthésie locale et champion mondial de lutte libre.

Mais pendant cet essor américain, l’Atlantide a sombré par ailleurs: une civilisation unique dans la Mer Tyrrhénienne. Des étrangers sont arrivés du continent sur l’île, ont pris possession du pays. Au début, ça leur était égal; que ces vignes et oliviers portent des fruits, prennent feu ou soient mangés par le bétail. Mur après mur, terrasse après terrasse: tout s’effondra.
Ce n’est que récemment que les “nouveaux Filicudiens” ont développé leur goût pour la nature et imité les espaces verts et les jardins des touristes. Mais comprennent-ils la voix de la mer, le murmure des géraniums séculaires et l’Evangile de la lune?




Epilogue

Le film ”Il POSTINO” qui fut tourné à Salina a ouvert à beaucoup de gens les yeux sur la poésie naturelle de cet archipel. Par exemple le petit village de pêcheurs Pecorini, un endroit particulièrement idyllique de Filicudi.
Qui a la chance et l’endurance pour rester plus que quelques jours sur les îles, celui là va vivre les formes d’un autre luxe, devenu depuis longtemps dans les villes un bien inabordable:
Le temps. Le battement du cœur, le rythme de ses propres pas, le mystère de la lenteur.
L’attention, ne pas passer devant quelqu’un sans lui dire un mot.
L’espace. L’immensité bleue de la mer tyrrhénienne du lever au coucher du soleil.
Le calme. Deux tiers du côté nord: un désert non fréquenté. Sur la route du village fantôme Zuccho Grande vers la cité préhistorique Capo Graziano se trouvent des endroits très anciens magiques.
L’environnement naturel. Des sentiers muletiers et des chemins de dalles entretiennent la forme tout autour de l’île. Boire de l’eau de pluie, faire le plein d’air frais et de soleil; savourer le parfum de la sauge et de la lavande. Observer les oiseaux migrateurs; loriot, huppe, ou le rare faucon royal qui vient de Madagascar.
La sécurité. Chacun connaît chacun. Les femmes voyageant seules sont respectées .Les délits sont inconnus. En cas de maladies on se soucie d’autrui. En cas d’urgence, l’hélicoptère arrive.

En Novembre 2000 Filicudi est devenu officiellement partie du Patrimoine de l’UNESCO. La “découverte” d’une île à peine connue apporte naturellement de la lumière et de l’ombre avec elle. Cela me réjouit, Que de plus en plus d’amoureux de la nature cèdent au charme des îles Lipari, sept perles particulièrement belles de la culture méditerranéenne. Grâce à elles ce petit livre est devenu “un long seller”.
Je me sens particulièrement honoré par la distinction littéraire, que j’ai pu recevoir pour cela: «L'auteur transforme le languague en parfums et en sons, en impréssions et paysages, avec des images intenses et stupéfiants» Commission litéraire de la ville de Berne, 1993

A celui qui voudrait entendre Filicudi, je recommande le CD (en Allemand) d’une heure avec les sons de l’île et les derniers enregistrements de l’accordéoniste Stefano.
Filicudi en Mai 2002

»Des îles lointaines sont aussi bien son domaine comme le royaume de la parole et le royaume de l'ame». B. Häusler, Berner Bär


Audio documentation par la Radio Suisse Alémanique:

 
Aldo Gardini - Swiss Radio - a réalisé avec l'auteur un feature brillant d'une heure durée, contenant les chants, le travail des indigènes de Filicudi. Ecoutez ici la procéssion de Santo Stefano.

 

 

 
Film documentaire (en Italien)
Hommes & pierres
 

Achètez le livre directement de l'auteur. Payez par Paypal. Account: eolo@rolandzoss.com
ou par téléchargement:
en Français (Martine Thomas)
en
Anglais (Archibald McKenzie)
 

roland zoss